Hydro-Québec

Main mise sur Hydro Hydro-Québec

Hydro-Québec: jusqu’à 18 des 21 personnes nommées au conseil d’administration par le gouvernement Charest ont cotisé à la caisse du PLQ depuis 2000, soit 85%.

Le dossier d’André Caillé

M. Caillé était arrivé à Hydro en 1996, quand Lucien Bouchard était allé le chercher pour mettre fin prématurément au mandat d’Yvon Martineau, disciple de Jacques Parizeau. M. Caillé avait été renommé pour cinq ans en 2000, et ce mandat venait normalement à terme en septembre prochain.
Denis Lessard, La Presse mercredi 06 avril 2005 (1)

Quand le Québec entreprend de s’attaquer à son bilan de gaz à effet de serre (GES) en 2003, André Caillé propose de hausser les émissions à 4 % au-dessus du niveau de 1990 plutôt que de cibler –6 % en vertu du protocole de Kyoto. L’ancien p.-d.g. de Gaz métro, qui a fait acheter à Hydro-Québec un important bloc d’actions de cette société, lance alors l’idée de construire 12 centrales thermiques au gaz sur la frontière étasunienne pour approvisionner «d’urgence» le Québec, raconte Daniel Breton, de Maîtres chez nous au 21e siècle, «une fausse urgence puisque que c’était l’effet de sa politique à 3 cents». Le premier projet sera celui du Suroît, qu’une mobilisation citoyenne et écologiste sans précédent mettra en échec.

Mais André Caillé «déjouera l’opinion publique et le milieu écologiste, poursuit Daniel Breton, en faisant autoriser la construction d’une autre centrale thermique le même jour où Québec abandonnait le Suroît», soit celle de Bécancour, propriété de TransCanada Énergie.

« Le pire, poursuit ce militant en première ligne maintenant contre les gaz de schiste, c’est que la direction d’Hydro va refuser de se transformer au gaz naturel pour une maigre somme de 120 millions sa centrale au kérosène de Bécancour. Aujourd’hui, en raison de la stratégie d’André Caillé, on a versé près d’un demi-milliard à TransCanada pour qu’elle ferme sa centrale de Bécancour parce que le gaz coûte trop cher. Ça ne coûterait rien à Hydro-Québec de fermer sa propre centrale! On paye pour le dogme du tout au privé!»
(…)
Quand André Caillé arrive à la présidence d’Hydro-Québec en 1996, le Québec sortait d’un grand débat sur l’énergie et tout le monde s’était rallié à un consensus, y compris Hydro-Québec, pour donner la priorité à l’efficacité énergétique et pour confier ensuite à une régie indépendante le choix des projets énergétiques en fonction de leurs impacts sur l’environnement, ce qui plaçait le gaz et le pétrole en bas de la liste.

André Caillé s’attaque d’entrée de jeu à ce consensus, suscitant l’opposition immédiate des écologistes.

Il parle de déréglementer tout le dossier énergétique sur le modèle de la Californie, de remplacer la hiérarchisation écologique des filières par les forces du marché.

Même si cela attaquait de front le « modèle québécois » issu de la nationalisation de l’électricité (2)
(…)
(Les profits, taxes et impôts qu’Hydro-Québec verse au gouvernement du Québec sont plus importants que les taxes et impôts des 300 000 entreprises privées québécoises.) (3)

Le dossier de Thierry Vandal

« Thierry Vandal, ancien de Gaz Métropolitain comme André Caillé et le chef de cabinet de Jean Charest, Stéphane Bertrand, est bien connu au PLQ.

Sous Robert Bourassa, il dirigeait la commission politique du parti. Le poste qu’il obtient est probablement la nomination la plus convoitée à Québec -le salaire d’André Caillé atteint 460000$. »
Denis Lessard La Presse mercredi 06 avril 2005 (1)
Dès son arrivée à la tête d’Hydro-Québec, en 1996, André Caillé s’est empressé d’aller chercher son collègue Vandal, à qui il a tout de suite confié des responsabilités importantes.

Ingénieur formé à Polytechnique et détenteur d’une maîtrise en administration des affaires (MBA) de HEC Montréal, Thierry Vandal a commencé à être connu dans le monde politique d’abord, comme président de la commission politique et vice-président du Parti libéral du Québec.

Il a passé six ans dans le secteur pétrolier, chez Shell, et quatre années dans le secteur pétrochimique, chez Kemtec, avant de suivre André Caillé chez Hydro.

Nommé vice-président à la direction, planification stratégique et développement des affaires en 1996, Thierry Vandal est resté le bras droit d’André Caillé au cours des neuf dernières années. (4)

 

(1) http://archives.vigile.net/05-4/economie.html

(2) http://www.ledevoir.com/politique/quebec/296037/comment-andre-caille-est-devenu-la-bete-noire-des-ecologistes

(3) http://archives.lautjournal.info/autjourarchives.asp?article=2209&noj=237

(4) http://politik.monblogue.branchez-vous.com/2005/4/8/