Bécancour, 2,8 milliards de pertes pour Hydro-Québec

Imaginez vous que, payer pour ne pas produire de l’électricité est la solution la moins coûteuse. Et que ceux qui ont produit ce désastre financier garde toute la confiance de la ministre d’alors: Nathalie Normandeau.
                                                                                                                                                       

Le Groupe MCN21, dirigé par M. Daniel Breton, avait exigé la démission de Thierry Vandal en octobre 2009 (1). Des 10 motifs invoqués, le premier porte sur la décision désastreuse et coûteuse dans le dossier de la centrale de Bécancour:

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

MCN21 exige le congédiement
immédiat de Thierry Vandal et une enquête publique pour raisons économiques.

Vendredi 9 octobre 2009, par Daniel R. Breton, Vincent François.

5 ans après avoir gagné la bataille du Suroît où le gouvernement Charest avait contredit son propre programme en autorisant deux projets de centrales au gaz naturel, que pouvons-nous retenir de la gestion d’Hydro-Québec sous MM. André Caillé, Thierry Vandal et Jean Charest ?

1. Payer pour ne pas produire à Bécancour

MM. André Caillé et Thierry Vandal ont caché aux Québécois la possibilité de transformer la centrale publique TAG, au coût de $120 millions plutôt que de faire construire juste à côté la centrale privée au gaz naturel de Bécancour appartenant à Trans-Canada Energy. La centrale TAG, construite en 1993 avec des fonds publics, ne sert que de 30 à 40 heures par an. La centrale privée de Bécancour étant maintenant fermée au moins jusqu’en 2013 à cause des surplus d’électricité, nous devrons payer au moins $1 milliard en compensation à TCE pour qu’elle N’EN PRODUISE PAS !

Dans un même temps, Hydro-Québec vendait ses parts (43 %) de Gaz Métro à SNC-Lavalin, la Caisse de Dépôt et le Fonds de solidarité, 5 jours avant d’autoriser la construction de la centrale de Bécancour, construite par SNC-Lavalin et approvisionnée par Gaz Métro. Le président de Gaz Métro de l’époque, M. Robert Tessier, est aujourd’hui président du conseil d’administration de la Caisse de Dépôt.

Et dire que M. Caillé voulait construire 12 centrales au gaz naturel au Québec…

Centrale de Bécancour : une note de plus en plus salée pour Hydro.

Devant la Régie, Hydro a fait valoir qu’à cause du prix très bas du gaz naturel, qui dicte le prix de l’électricité sur le marché américain, il lui est impossible d’exporter à profit l’électricité produite par la centrale de Bécancour.

Pourtant, malgré le prix très bas du gaz naturel, le coût que doit assumer Hydro pour suspendre les activités de la centrale grimpe chaque année depuis 2010.

La centrale appartient à Trans-Canada Energy qui a conclu un contrat de 20 ans avec Hydro-Québec. Elle n’a pour ainsi dire jamais fonctionné en raison des surplus qui s’accumulent chez Hydro-Québec. La production de la centrale est suspendue depuis 2008, ce qui a déjà coûté environ 1 milliard de dollars à la société d’État.

Hydro doit verser à TransCanada Energy la même somme que si elle prenait livraison de l’électricité produite. Une partie de cette compensation est fixe et représente le coût du capital, soit 125 millions par année. (Notons que la transformation de la centrale TAG qui appartenait à Hydro Québec aurait coûté 120 millions !).

L’autre partie est liée au prix du gaz et tourne autour de 50 millions par année.

Jusqu’en 2020

Hydro-Québec prévoit être en situation de surplus jusqu’en 2020 (2). Cela veut dire
qu’elle pourrait être obligée de payer 200 millions par année pendant encore neuf ans, soit 1,8 milliard de plus, pour suspendre la production de la centrale de Bécancour.

Parce que les surplus s’accumulent (3), Hydro ne prévoit pas avoir besoin de la production de la centrale au gaz de TransCanada Energy à Bécancour avant 2020.

Imaginez vous que, payer pour ne pas produire de l’électricité est la solution la moins coûteuse ? Et que ceux qui ont produit ce désastre financier gardent toute la confiance de la ministre d’alors : Nathalie Normandeau.

La solution la moins coûteuse (4) :

Donc, ce contrat à long terme coûtera un total de 2 milliards 800 millions en pénalité à Hydro-Québec. L’argent du Québec qui part vers Calgary ! Merci M. Vandal. Maintenant imaginez si on en avait 12 centrales à compenser avec des pénalités !

Mentionnons que M Daniel Breton président de MCN21 a été au cœu de la lutte contre la construction de la centrale au gaz du Suroît. Et que c’est cette victoire citoyenne qui a fait dérailler le projet de construire 12 centrales au gaz que le gouvernement Charest avait dans ses cartons. Imaginez le montant que cette victoire citoyenne a fait épargner à Hydro-Québec !

Autres informations sur la centrale au gaz de Bécancour :

Centrale de Bécancour : l’argent part en fumée (5)
Une centrale dort au gaz : temps de fermer Gentilly? (6)

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(1)
http://mcn21.org/communiques/article/mcn21-exige-le-congediement

(2) http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/energie-et-ressources/201107/11/01-4416763-centrale-de-becancour-une-note-de-plus-en-plus-salee-pour-hydro.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_BO4_la_2343_accueil_POS3

(3) http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/energie-et-ressources/201111/11/01-4466748-les-surplus-saccumulent-chez-hydro-quebec.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_BO4_la_2343_accueil_POS4

(4) http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/economie/energie-et-ressources/200912/08/01-928899-hydro-quebec-des-erreurs-de-prevision-qui-coutent-cher.php

(5) http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2010/03/20100316-172715.html

(6) http://argent.canoe.ca/lca/affaires/quebec/archives/2010/03/20100316-173525.html